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3/8 - L'histoire secrète du pétrole - Le temps des batailles pour l'or noir

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Message par Nabil Sam 27 Avr - 7:55


3/8 - L'histoire secrète du pétrole - Le temps des batailles pour l'or noir

Premier Quart ( 1 / 4)
Début : 00 min --- Fin : 15 min







Au début des années 30, les premiers craquements ébranlent l'empire pétrolier le plus orgueilleux du Moyen Orient, celui de l'Anglo Persian Oil Company, en perse Reza Khan, un officier de cosaque formé par les soviétiques, profite de la faiblesse du dernier représentant de la dynastie Qajar, marche sur Téhéran en 1921 à la tête de ses troupes et prend la direction du pays.


En 1924 renonçant à proclamer la république, il dépose le dernier Qajar et se fait couronné empereur sous le nom de Reza shah, à l'époque les turbulents tribus Qashqai et Bakhtiar ont pratiquement fait cession.



L'autorité centrale n'avait aucun pouvoir et dans les régions du sud il y avait du pétrole, et comme le gouvernement a été faible, il ne peut pas imposer sa décision à la compagnie.


La conduite de l'Anglo Iranian Company envers des iraniens était emprunte d'un orgueil insupportable pour une race qui se glorifiait de son passé et regardait avec confiance son brillant avenir.


Avant l'avènement de Reza shah et l'instauration de l'autorité centrale dans les provinces, petit à petit on a commencé à critiquer et à demander la modification de cette concession.


En premier lieu le Shah avait la volonté de rénover et de régénérer son pays, la source essentielle des revenus de celui-ci était le pétrole, en second lieu le Shah voulait que la Perse reprenne elle-même en mains ses destinées, et des lors la présence dans son pays de compagnie contrôlée par des étrangers, et associée avec le gouvernement britannique, était en contradiction avec le nouveau statut que il souhaitait pour la Perse.


L'Anglo Persian Company est le reflet de l'intervention étrangère dans l'Iran, cette entreprise qui dispose des plus grandes ressources de l'Iran, et qui en tirent des millions de profit, en contrepartie d'une modique somme, se conduit avec une independence vis-à-vis du gouvernement de l'Iran, que celui-ci ne pouvait tolérer de la part d'aucun chef de tribu quelque soit sa puissance.


On trouvait légitime d'exploiter les ressources du pays dont lequel on se trouvait, et on le sait bien sûr que le minimum de revenus sur place en s'assurant le maximum de bénéfices.


Les compagnies abusaient de la situation, elles agissaient suivant l'esprit de cette époque, cette attitude n'était pas particulière à l'industrie pétrolière, elle régnait partout.


En 1932 un député perse prouve que l'Iran n'avait pas perçu le moindre revenu de son pétrole de 1901 à 1919, et que depuis il n'encaissait que 10 millions de livres, une somme dérisoire comparée aux fabuleux profits réalisés en une seule année par l'Anglo Persan.


Reza Shah exige donc la révision du contrat, John Cadman président de l'Anglo Persian se défend pied à pied, les discussions vont durer 5 ans.


La négociation a duré tellement que Reza shah était irrité, et a demandé au gouvernement d'annuler unilatéralement la concession de pétrole.


Cette annulation fût une décision personnelle du Shah, il a été traumatisé par l'incapacité de ses ministres à négocier un compromis, et surtout en découvrant que les revenus de 1931/1932 avaient chuté dramatiquement, l'année précédente les revenus du gouvernement perse avaient atteint 1 200 000 livres et en 1932 les revenus prévus pour l'année s'élevait seulement à 300 000 livres, évidement le Shah ne pouvait être que très mecontent.


Reza Shah avait en outre découvert que la compagnie tenait une double comptabilité, les livres comptables que on lui présentait, n'affichaient guerre que des pertes, mais il y avait à Londres d'autres livres, les vrais, qui eux relevaient que la compagnie faisait d'énormes bénéfices, quand il réalisa que il a été roulé, le shah monarque absolu qui il était décida d'annuler simplement la concession, c'est là que le fameux accord secret d'Achnacarry produisait son plein effet, l'Anglo Persian somma ses partenaires de ne pas se mêler de l'affaire et surtout de refuser d'acheter le moindre pétrole perse, les autres membres du cartel se conformèrent rigoureusement à cette demande, et font un front commun avec les anglais.


Les exaspérations du gouvernement britannique vis-à-vis de la perse atteignent bientôt un paroxysme ( un peak, le plus haut degré ) , grâce à ses navires et ses soldats, l'Angleterre était à même faire de la pression sur les iraniens pour les amener à la composition.


C'est de justesse que une intervention militaire sera évitée, mais l'Anglo Persian porte une plainte devant la Société des Nations, début 1933 celle-ci désigne un médiateur, Edward Benes alors ministre tchécoslovaque des affaires étrangères, qui réussit enfin à faire accepter un compromis aux 2 parties, fin avril 1933, un nouveau accord est enfin signé, il renouvèle le monopole des anglais sur le pétrole d'Iran, l'Anglo Persian qui devient, l'Anglo Iranien Oil Company, versera 4 livres en plus par tonne et 20% de ces bénéfices à Reza Shah.


Mais le calcul était tel que ça serait vraiment difficile pour contrôler le bénéfice exact de la compagnie, bref Reza Shah s'est contenté et l'accord a été signé.


Plus au sud une autre erreur politique va coûter aux anglais les champs de pétrole les plus riches du monde, en 1922 en Arabie, Abdelaziz Ibn Saoud, chef d'une tribu bédouine, se proclame sultan, conquiert l'ouest du pays, et fait de Riad sa capitale, il se heurte au roi Hussein d'Iraq, créature des anglais, qui tient la moitié nord d'Arabie et toutes ses villes saintes, la Mecque, Djedda et Médine.


De 1922 à 1930, Abdelaziz mène une série de guerres victorieuses contre Hussein que soutient les anglais, Abdelaziz ne pardonnera jamais à ceux-ci d'avoir pris la partie de son ennemi, avec l'aide du clergé musulman intégriste, il finit par écraser Hussein, et se couronne lui-même roi d'Arabie, mais d'aucun ne s'intéressent déjà aux richesses du sous-sol arabe.


La première concession octroyée en Arabie saoudite, l'a été par le roi Abdelaziz à un majeur néozélandais, Holmes qui travaillait pour le compte d'intérêts anglais, ça concernait des gisements qui se sont relevés par la suite être les principaux réserves de la région, et c'était un accord modeste qui prévoyait une redevance de 2000 livres or payables par an.


Holmes cesse de payer au bout de 3 ans, après avoir en vain tenté de céder ses droits aux américains, il ne demandait que 30 000 livres pour sa concession, mais nul à l'époque n'a été prêt pour payer autant pour le pétrole d'Arabie saoudite.


En 1938 après 3 années d'annuités impayées, le roi Abdelaziz a annulé la concession, Holmes en fait avait obtenu, une autre concession dans l'Émirat du Bahreïn en 1925, il l'a revend à la Gulf en 1927, mais la Gulf qui a signé le fameux accord de la ligne rouge, est tenue de partager ces droits avec ses partenaires de l'Iraq Petroleum, elle préfère les céder à la Standard Oil de Californie libre elle de tout engagement.


Bahreïn à cette époque était un protectorat administré par fonctionnaire politique anglais, en conséquence seul pouvait y acquérir une concession, une compagnie enregistrée dans l'empire britannique, la Standard Oil de Californie, tourna la loi en fondant une filiale au canada, celui-ci faisait partie de l'empire, et en nomma à sa tête, un sujet britannique, ainsi la branche canadienne de la Standard puisse acquérir cette fameuse concession de Bahreïn.


En 1930 en Arabie, un géologue américain Twitchell reçoit une mission de prospecter le sous sol saoudien dédaigné par Holmes, son rapport conclut à l'existence d'énormes gisements pétroliers dans la région de Dhahran, malgré sa haine pour les anglais, Abdelaziz envoi son fils Fayçal leur offrir une concession.


Dans les archives du Foreign Office, on trouve des instructions qui ont été envoyées à l'époque, à l'allégation anglaise de Djeddah, de remercier le roi et de décliner, le roi Fayçal m'a dit lui-même que à son avis, ce refus n'était pas dû à la stupidité d'un fonctionnaire borné, mais une conséquence d'un accord de partage des marchés entre le Royaume Uni et les États-Unis, formé par une ligne qui était au nord de l'Iraq au Qatar laissant aux anglais tout ce qui est à l'est ( Koweït, Bahreïn ) et aux américains tout ce qui est à l'ouest ( essentiellement l'Arabie saoudite ).


Devant le refus des anglais de s'intéresser à la concession, le roi Abdelaziz envisage de créer une compagnie saoudienne de pétrole, dont il offre 20% au géologue Twitchell qui a fait le rapport, et en lui demandant de la développer, Twitchell qui est un technicien sans ambition, qui a envie de rentrer dans son pays, refuse.


La Standard Oil de la Californie tout juste installée à Bahreïn, apprend la chose et embauche Twitchell à prix d'or à le renvoi à Ryad avec son directeur Hamilton.


Ils ont mission de négocier l'achat la concession vacante, il y avait alors en Arabie saoudite un anglais arabisant, qui était devenu le conseiller du roi Ibn Saoud, cet homme s'appelait Harry Philby, ex agent de l'intelligence service en Arabie pendant la guerre, Philby qui parlait arabe couramment, s'était fixé à Djeddah comme concessionnaire des voitures Ford, il s'était fait musulman, le roi Ibn Saoud lui a offert un palais, mais Philby ne gagnait guerre d'argent en vendant des voitures Ford, aussi se laissait-il-acheter par la Standard Oil de Californie, il n'a pas été soudoyé, il a reçu des honoraires pour son entremise dans la négociation, Philby voulait que cette affaire soit fructueuse aussi bien pour le roi que pour la compagnie qui avait accepté l'idée.


Philby combine une série de rencontres entre Hamilton et Sulaiman ministre des finances du roi Abdelaziz, les anglais se réveillent soudain, dépêchent un négociateur à la cour saoudite, Philby ne tardera pas à découvrir que les anglais ne voulaient la concession que pour empêcher les américains de mettre la main dessus, quand il s'est rendu compte, Philby favorisa les américains, sachant que du moins fera tout pour tirer du pétrole du sol, d'autant que Abdelaziz veut être payé en or, les anglais refusent, on est en pleine crise de 1929, et le Royaume Uni a mis l'embargo sur l'or, les américains font savoir à Philby que ils sont eux prêts à satisfaire les désirs du roi.


L'argument est décisif, en 1933 Hamilton et Sulaimane signent le traité qui accord la concession à la strandard oil de californie.


Les termes du contrat sont plus dures que ceux jadis accordées à Holmes, mais dérisoires comparés aux profits fabuleux que les américains tireront de leurs gisements, les 30 000 livres en pièces d'or exigées à la signature seront comptées au roi une à une, en outre la SOCAL lui a promis de lui verser chaque année une avance de 5000 pièces en or plus 15 000 à la première commercialisation du pétrole.


À l'époque les États-Unis, ont eux aussi interdit toute sortie d'or, la légende veut que les pièces comptées à Abdelaziz étaient achetées en fraude en Angleterre par Hamilton.


C'est un canard, c'est vrai que les États-Unis avaient suspendu la convertibilité du dollar en or, mais une compagnie américaine, voire un particulier pouvait en avoir, et l'utiliser pour ses affaires, à l'époque où la concession a été signée, le roi Abdelaziz n'était guerre optimiste, il aurait bien été si heureux si on lui avait foré des puits de l'eau potable.


Les premières recherches débutent en 1934, intensivement mais dans des conditions terriblement dures, elles sont menées par une petite équipe américaine, que commande le géologue Max Steineke, mais en fin d'année.

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Message par Nabil Sam 27 Avr - 8:05


3/8 - L'histoire secrète du pétrole - Le temps des batailles pour l'or noir

Deuxième Quart ( 2 / 4)
Début : 15 min --- Fin : 30 min





La Standard Oil de Californie doit céder la moitié de sa concession saoudienne à une autre compagnie avec laquelle elle est déjà associée pour l'exploitation de ces gisement à Bahreïn : la Texaco, manquant de débouchés pour son pétrole, la Standard Oil a du traiter avec la Texaco qui dispose d'un immense réseau commercial en Asie, en échange la standard cédera la moitié de toutes ses découvertes ultérieures à Texaco.


De cette association pour l'exploitation du pétrole saoudien, naitre en 1935 l'Arabian American Oil Company la toute puissante et légendaire ARAMCO.


Le gouvernement saoudien nous a apporté tout son appui, il était très anxieux de nous voir réussir à trouver du pétrole, il n'existait ni cartes du pays, ni routes, ils nous fallait tout créer, il y a eu de tas de problèmes, dus surtout à des malentendus, les saoudiens nous contemplaient comme des magiciens qui allaient les rendre riches, il est vrai que leur standard de vie était déplorablement bas, et c'est nous que leurs procurions tout ce dont ils avaient besoin, et nous devons tout importer de l'extérieur.


Quand je suis arrivé là-bas, tout le monde était très pessimiste dans l'ARAMCO, qui s'appelait encore à l'époque la Californian Arabian Standard Oil Company, on avait déjà foré plus de 10 puits en deux endroits, ils avait donné du gaz et un peu de pétrole, il en était en train d'approfondir l'un des trous, histoire de voir si quelque chose allait enfin sortir, l'avenir en sera sacrement différent si le puits numéro 7 ne s'est il pas décidé de cracher du pétrole, mais en mars 1938, il s'est mis à produire, et c'était un fameux puits, peu après, nous avons localisé des gisements, encore plus fabuleux que tous ce que nous avions pu rêver auparavant.


Japonais, italiens et allemands tentent alors à leurs tour de demander des concessions, mais l'Arabie est désormais la chasse gardée de l'ARAMCO.


Alors que ces événements se déroulent en Arabie Saoudite, le Koweït un minuscule émirat voisin, fait aussi son entrée dans l'histoire du pétrole, des prospections effectuées des 1920 ont éveillé les convoitises de la Gulf américaine et de l'Anglo Iranien britannique, il y a eu de terribles rivalités pour les riches champs de pétrole du Koweït, ce bout de territoire coincé entre l'Iraq et l'Arabie Saoudite, les américains et les anglais se disputaient ces gisements faisaient pression les uns et les autres sur le cheikh du Koweït pour l'amener à leur signer un contrat.


Cette fois encore les américains firent preuve d'astuces, le Koweït étant un territoire sous mandat britannique, ils ont envoyé un anglais comme négociateur le fameux Frank Holmes, celui-ci brulait de toucher la commission promise s'il enlevait le marché, de leurs coté les britanniques avait envoyé un anglais absolument typique : Chisholm, qui parlait comme on dit en Angleterre avec un accent étranger, mais qui savait admirablement mener une négociation, il offrait de l'argent au Cheick du Koweït pour qu'il signe avec les anglais, mais Frank Holmes en faisait autant pour que il signe avec les américains, et les prix grimpaient de plus en plus.


Un dimanche où tous les 2 se trouvaient à l'église locale, Chisholm hall était assourdi par la terrible voix de Holmes, la solution apparu à Chisholm alors que ils chantaient ensemble un psaume, pourquoi nous battre demanda-t- il à Holmes ? Adoptons la solution du roi Salomon et partageons nous le bébé ! Et il suggéra à Frank Holmes de partager la concession entre anglais et américains.


Dans un commun accord, ils rabattaient les prix que ils ont proposé, et le Sheikh fut forcé de se contenter d'un prix très inferieur, voila comment les concessions pétrolières furent exploitées conjointement par les anglais et les américains.


La Gulf et l'Iranian Oil constituèrent une société commune la Kuwait Oil Company, la première se chargera des forages, en 1936 le pétrole jaillit à bara mais se tarit très vite, les anglais qui s'étaient réservés la direction administrative, s'obstinait à forer à bara alors que tout indiquait que la nappe à pétrole se trouvait à Burqan, c'était voulu, il y avait alors trop de pétrole, les anglais voulaient éviter de concurrencer leurs puits d'Iraq et d'Iran, le Koweït reste alors improductif et sous développé.


La mauvaise volonté des anglais, échèle la fureur du cheik Ahmed El Jabir, en représailles, ils laissent les agents nazis opérant en Moyen Orient depuis 1937, monter des émeutes anti-britanniques tandis que lui-même quitte sa capitale, et se met à l'abri dans son palais de l'île de Failaka, au large de la côte.


Les anglais ont compris l'avertissement, pour apaiser Ahmed El Jabir et son peuple, la Koweït Oil se décide enfin de forer dans la région Burqan, avec un succès immédiat et total, elle découvre à 1000 mètres de profondeur, un gisement d'une richesse énorme, la guerre va suspendre sa mise en exploitation, le premier pétrolier ne quittera le Koweït que en 1948.


En France l'automobile est restée la panache de la bourgeoisie durant les années 30, avec l'avènement du front populaire et des congés payés en 1936, la voiture se démocratise, en réponse à l'Allemagne nazie qui lance la Volkswagen, Citroën crée la deux chevaux, mais si en France l'essence est abondante et bon marché, la situation est moins brillante en Italie, les maigres gisements pétroliers exploités en vallée du Pô, sont loin de couvrir les besoins de l'Italie qui achète l'essentiel de son carburant en Roumanie.


Les italiens étaient très déçus parce qu'ils n'avaient pas pu obtenir une participation dans le potentiel du Moyen Orient, tandis que les français, avaient pu obtenir la partie allemande de la Deutsche Bank dans la Turkish Petroleum.


Mussolini avait de la politique pétrolière que une vision très générale et très vague, parce que il n'existait aucune industrie pétrolière en Italie, il n'avait donc personne avec qui en discuter, c'est pourquoi, il balançait d'une solution à une autre, sans idée bien précise, tout ce qu'il savait c'est que le carburant était capital pour la guerre, il faisait confiance au capitalisme privé pour lui procurer du pétrole, mais laissait la bride sur le coup aux spécialistes de la question.


Au point qu'il était prêt à confier les recherches pétrolières en Italie à la compagnie américaine Saint clair, c'est une levée de bouclier des industriels italiens qui l'empêche.


Les italiens sous Mussolini ont voulu imité la France en établissant une compagnie de l'État : l'AGIP.


L'AGIP fut crée en 1927 avec des statuts horriblement confus pour tenter de faire tout le monde d'accord, l'AGIP commença des recherches pétrolières en Italie avec des fonds d'État, prélevées à l'origine sur le budget de l'agriculture, l'AGIP travaillait pour l'État comme operateur technique, et ses frais étaient à la charge de l'État, l'AGIP mis à part les recherches pétrolières en Italie, poursuivait deux objectifs essentiels, d'abord unifier toutes les petites et moyennes exploitations existantes pour constituer une industrie pétrolière d'une dimension valable, et elle obtient un succès notamment en terme de raffinage et de distribution, son second but était d'acquérir une dimension internationale, son premier champs d'action était l'Europe orientale, elle acquit des participations dans la Prahova la plus grande compagnie pétrolière roumaine et dans d'autres sociétés, après la crise de 1930, Mussolini créa l'IRI (Institut pour la Reconstruction Industrielle), et ce fût un coup de génie qui contribuera sérieusement à résoudre le problème pétrolier italien, cet organisme était totalement étranger au fascisme, dirigés par des personnes qui n'étaient pas fichistes et Mussolini le savait parfaitement.


Le 03 octobre 1935 Mussolini qui a fait de l'expansion coloniale l'un des piliers de sa politique attaque l'Éthiopie, pour avoir contenu jusqu'au la les visées de Hitler sur l'Autriche, il se croit sûr de l'appui de la France et de l'Angleterre, mais la Société Des Nations ( SDN) vote des sanctions économiques contre l'Italie que menace la France et l'Angleterre, celle-ci a eu un moyen radical pour arrêter Mussolini, interdire le Canal de Suez pour le transport de ses troupes, elle ne le feront jamais, quand aux américains et aux anglais, Mussolini les a neutralisé en leur promettant à chacun et séparément en secret, le monopole du pétrole qui pouvait exister, le 05 mai 1936, l'Éthiopie est vaincue.


Les sanctions ont été une vrai mascarade, une mesure très peu sérieuses, mais qui n'a jamais affecté le moins du monde l'économie italienne, les compagnies pétrolières étrangères ne les ont jamais appliquées, elles possédaient en Italie en cette époque des réseaux de distribution de carburant, qu'elles entendaient bien continuer à approvisionner, jamais l'idée n'a effleuré personne que les pompes d'Esso et de Shell puissent être à sec, du fait des sanctions.


D'autres part, le Mexique produisait déjà intensivement mais c'était l'époque où on commençait à parler de nationalisation, jamais les mexicains n'auraient accepté que on les empêche d'exporter du pétrole en Italie sous prétexte de sanctions, enfin il y avait le pétrole roumain, c'est bien que le problème d'approvisionnement en carburant ne s'était jamais posé.


Par contre et paradoxalement, la guerre d'Éthiopie a contrecarré le développement de l'industrie pétrolière italienne, et notamment ses projets axés vers le Moyen Orient, l'Italie grâce à des prises de participations compliquées, s'était assuré au temps du vieil empire ottoman, des intérêts dans la part allemande du pétrole du Moyen Orient, ces intérêts auraient acquis une valeur énorme dés l'exploitation des gisements, mais Mussolini ne s'en rendaient même pas compte, pour acheter les matières premières nécessaires à l'économie italienne pendant les sanctions, et financer les opérations militaires en Éthiopie, Mussolini vend....


....... dans la British Oil Development, devenu l'Iraq Petroleum Company.


Le seul effet des sanctions sera de pousser Mussolini dans le camp de Hitler, elles n'ont même pas ralenti la coopération entre l'AGIP et les américains, des recherches ont été menées de 1936 à 1937, par des compagnies américaines, et qui expérimentaient pour la première fois les procédés sismiques, les résultats furent positifs, et révélèrent l'existence de structures justifiant le forage, en entamant aussi des prospections dans l'empire, en Libye et en Éthiopie, sans aucun résultat, mais elles ne furent pas sérieuses, l'État italien ne prenait plus ces travaux à sa charge, AGIP devait les financer elle-même, et ses possibilités financières étaient plus que réduites.


En juillet 1936, l'Espagne sombre dans la guerre civile, en dépit du principe de non intervention, chaque camp reçoit une aide étrangère considérable et le pays est devenu un terrain où s'affronte marxistes et fascistes du monde entier.


Ravitaillé du carburant par les russes, l'Espagne républicaine est depuis longtemps un marché perdu pour les compagnies pétrolières internationales, toutes soutiendront plus ou moins ouvertement Franco.


La compagnie américaine Texaco approvisionne les nationalistes, elle compte ainsi assurer sa position dans l'Espagne franquiste, les cargaisons d'essence destinées à la Belgique sont détournées vers les ports nationalistes, défiant Roosevelt, Texaco fournira à Franco 6 millions de dollars de carburant à crédit.


Au Mexique fin 1920, les élections à la présidence du général Obregón marquent le début d'une vrai politique sociale et les premieres mesures contre la grande propriété.


Obregón n'en sera pas moins accusé d'avoir concédé d'exorbitants avantages fiscaux sociétés pétrolières étrangères, contre la reconnaissance de son régime par les États-Unis et un prêt de 5 millions de dollars du pétrolier américain Doheny.


L'insécurité du travail continue à faire de nombreux morts dans les champs de pétrole, la loi de travail de 1931, la première au monde à régir les rapports entre patrons et ouvriers, favorisa la fusion de 21 syndicats des ouvriers du pétrole en 1935.


Les compagnies étrangères qui exploitaient les gisements de pétrole, avaient l'exportation comme seul objectif, c'était leur unique préoccupation, et elles ne se souciaient pas le moins du monde des besoins de notre pays, pour comble ces sociétés qui ne payaient que un impôt dérisoire sur le brut que elles exportaient, en réimportait une partie une fois raffiné, et le consommateur mexicain pénalisé par le coût de toutes ces opérations, était en plus lourdement taxé, le carburant extrait dans leur propre pays, était hors du prix pour les automobilistes mexicains.


Fin 1934, le général Cárdenas est élu président, ancien chef militaire d'une région pétrolière, il a pu juger des conditions misérables des travailleurs, en 1937 l'exaspération de ceux-ci atteignent un paroxysme.



Nabil
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Message par Nabil Sam 27 Avr - 8:11



3/8 - L'histoire secrète du pétrole - Le temps des batailles pour l'or noir

Troisième Quart ( 3 / 4)
Début : 30 min --- Fin : 45 min






Les ouvriers mexicains du pétrole demandaient une augmentation de salaire, représentant un total de 26 400 000 pesos ( 26 millions 400 000 pesos ), à l'époque le dollar valait 3,40 pesos au Mexique, les compagnies pétrolières prétendaient que elles étaient dans l'incapacité financière de satisfaire cette revendication, les experts mexicains prouvaient le contraire, et l'affaire est portée devant la cour suprême de justice qui donnait tort aux compagnies, et comme celles-ci refusaient de se soumettre, les ouvriers du pétrole qui se sont organisés, commencèrent à déclencher des grèves, d'abord des grèves locales dans tous les centres pétroliers du pays, puis le mouvement s'étendit et ce fut la grève générale.


Le fait que les compagnies refusaient à la décision de la cour suprême de justice, aboutit ainsi à paralyser tout le pays, autre aspect des choses, en bravant la sentence de la cour, les compagnies lançaient un défi que le gouvernent se devait de relever, il n'avait plus le choix, ou bien il devait riposter avec le seul moyen qui reste à sa disposition : la nationalisation, ou bien il avoue son impuissance.


La fierté patriotique a pris le pas sur les revendications sociales des ouvriers du pétrole, le 18 mars 1938 Lázaro Cárdenas saut le pas, signe le décret qui exproprie toutes les compagnies étrangères et nationalise en totalité le pétrole, il se sent soutenu par l'unanimité du peuple mexicain, la nationalisation touche principalement la Mexican Eagle devenu Shell Mex, une filiale de la Shell qui possède les plus riches concessions du Mexique.


La proclamation du décret de nationalisation soulève dans tout le pays et surtout à mexico, un véritable délire populaire, mais les sociétés étrangères refusent de s'avouer vaincues, la première réaction des compagnies pétrolières expropriées fût de boycotter toutes nos ventes de pétrole à l'étranger, ensuite elles refusèrent de nous fournir le matériel et les techniciens nécessaires à la poursuite de l'exploitation, pour nous empêcher de produire nous-mêmes, en fin et plus concrètement, l'Angleterre fût à 2 doigts de nous déclarer la guerre, son ambassadeur envenima la situation autant que il le pu, sachant bien que le Mexique rompit toute relation diplomatique, il y allait de l'honneur du pays.


Certaines des compagnies dépossédées financent alors un putsch organisé contre Cárdenas, par le général Saturnino Cedillo que manipule l'Intelligence Service, mais l'insurrection est rapidement écrasée par les troupes fédérales, Cárdenas a tout le pays derrière lui.


Les entreprises américaines réclamaient une intervention militaire de leurs gouvernements contre nous, mais Roosevelt et les États-Unis prirent une autre position contre leurs propres compagnies pétrolières, quand aux anglais ils renoncèrent à attaquer le Mexique et confièrent la défense de leurs intérêts aux américains, ainsi les sociétés pétrolières Anglo-américaines échouèrent devant la détermination des gouvernements du Mexique et des États-Unis.


La loi d'expropriation a prévu un système d'indemnisation des compagnies dépossédées échelonné sur 10 ans, dans un formidable élan de solidarité patriotique, le peuple mexicain va sacrifier économies, bijoux, objets précieux et jusqu'aux biens les plus humbles pour permettre à son gouvernement aux abois d'acquitter la première annuité.


Jusqu'à la guerre la situation pétrolière du Mexique restera critique, le cartel des trusts pétroliers crée en 1928 à Achnacarry boycotte sa production, une société d'État la Pemex, a été chargée de l'exploitation du pétrole mexicain, mais même vendu 5% au dessous des cours, celui-ci ne trouve plus preneur, la production chute de moitié, retirant ses fonds des banques mexicaines, le cartel pousse le pays à la ruine, ce sont les commandes massives de l'Allemagne, de l'Italie et du Japon, qui permettront à la Pemex de survire jusqu'à ce que le seconde guerre mondiale, lui ouvre enfin le marché américain.


Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, la nationalisation du pétrole mexicain, provoque un véritable boom de la production du Venezuela ou la Shell et la Standard Oil font la loi depuis longtemps, mais les incursions des sous-marins nazis sur les côtes réduiront cette activité durant la seconde guerre mondiale.


Peu avant celle-ci, la Royal Dutch Shell est devenue en 30 ans la seconde puissance pétrolière mondiale, elle le doit au génie d'Henry Deterding, il a su assurer à son groupe, des sources d'approvisionnement dans le monde entier, et tenir tête victorieusement à la Standard Oil sur tous les marchés, c'est aussi un financier hors pair, pendant la grande crise mondiale, il a fait réaliser des bénéfices fabuleux à sa compagnie, rien que en spéculant sur les énormes montants de devises étrangères de toutes sortes encaissées par celle-ci.


Il avait une vision sur l'économie qui est une vision européenne pas une vision nationale, il a dit dans la crise de 1930 : on ne peut jamais reconstituer l'économie saine en Europe, si on laisse tomber la xxxxxx allemande.


Il avait peu à peu développé une vraie mégalomanie, il croyait fermement aux vertus de la dictature et du pouvoir autocratique aussi bien dans sa compagnie que dans le monde en général, à mesure que il prenait de l'âge, Deterding devint un pro nazi de plus en plus fanatique, bien que des gens pensaient que il était vraiment fou, sa dernière épouse, une allemande, une nazie convaincue, je pense que il a été influencé en partie par elle, il est même devenu l'intime de certains chefs nazis.


Il habitait l'Allemagne et il devenait très intéressé et enthousiaste par le régime nazi, ce qui rendait très délicat la situation de la Shell.


Je ne crois pas que il a soutenu les allemands, il y a des lettres de Deterding avant que Hitler ne vient au pouvoir, dans lesquelles il lui décrit comme homme ridicule, comme un politicien qui ne fait que des promesses.


On a formellement accusé Deterding d'avoir financé le parti nazi à ses débuts à cause de la volonté exprimée par Hitler dés l'origine d'envahir un jour l'URSS, Deterding souhait ainsi un jour reconquérir son pétrole de Baku.


Il n'était pas très généreux, et je crois que c'est une simplification de la relation avec les nazis, en fait les nazis n'avaient pas besoin de son argent.


Toujours est-il qu'avec un intense soulagement que les autres dirigeants de la Royal Dutch Shell le voient prendre sa retraite en 1936, Henry Deterding mourra 2 ans plus tard.


Bien que son testament n'exprime aucune volonté sur ce point, Charlotte Knack son épouse allemande, fera inhumer Deterding dans leur propriété en Allemagne, en présence de nombreux hauts dignitaires nazis.


C'est vrai que plusieurs chefs nazis assistaient à ses funérailles, mais c'est le genre de secrets que les compagnies pétrolières préfèrent enterrer.


Pour éviter que cela ne se renouvelle jamais, les dirigeants de la Shell ont depuis soigneusement évité de réunir trop de pouvoirs entre les mains d'un seul homme.


Dés l'arrivé de Hitler au pouvoir en 1933, l'Allemagne réarme intensivement, avec une tranquille impudence, le 3éme Reich prépare la guerre et se dote des chars et des avions de combats que lui interdit le traité de Versailles, ces armada d'engins blindés, de chasseurs, de bombardiers ont besoin d'énormes quantités de carburant que l'Allemagne ne produit pas sur son sol.


Certes depuis 1920, l'Allemagne exploite quelque puits dans le Hanovre, en 1924 on a également découvert autre maigre gisement, mais cette production interne reste insignifiante comparée aux énormes besoins l'arsenal allemand (panzers et autres).


Hitler se préoccupe donc de leur procurer le carburant indispensable, il peut compter sur la complicité intéressée mais suicidaire des américains.


Dans les années qui ont précédé la guerre, en Allemagne l'IG Farben a été chargé par le troisième Reich de lui monter son approvisionnement pétrolier en tout domaine et en particulier en produits rares et difficiles, l'un d'eux entre parenthèse était un nouveau produit : le caoutchouc Buna


Pour se faire, l'IG Farben cela ne datait pas de 1935, a établi un rapport assez étroit avec des sociétés américaines, détentrices de brevets remarquables, notamment avec la Standard Oil of New Jersey (actuellement Exxon), et pendant longtemps ils auront une filiale commune aux États-Unis .


Exxon et IG Farben avaient des programmes communs de recherches, non seulement en pétrochimie, mais dans tous les secteurs, leur contrat stipulait qu'ils pouvaient se céder mutuellement le soin de mener certaines recherches pour éviter de se concurrencer.


Le contrat signé entre Exxon et IG Farben précisait que nous détenions le monopole du marché américain, et qu'ils s'interdisaient de s'y implanter, et nous de notre coté, nous nous interdisions toute immixtion dans leur travail en Allemagne.


Le secteur le plus essentiel était celui du caoutchouc synthétique, IG Farben s'est chargé de le développer et les américains ont accepté en vertu de leur accord.


Ce marché de dupe est signé en 1934, Exxon va freiner puis stopper ses propres recherches laissant les allemands exploiter ses brevets et prendre une énorme avance dans la fabrication du caoutchouc synthétique, toute l'Allemagne se hérisse d'usine de Buna.


Un autre problème s'est posé, le besoin qu'avait les allemands et surtout l'aviation allemande du plomb tétraéthyle un produit indispensable pour remonter ce qu'on appelle : l'indice d'octane, les avions ayant besoin d'essence avec indice d'octane très élevé, avait besoin de ce produit, or peu de monde le créait dans le monde, et les grands producteurs du plomb tétraéthyle étaient une filiale à la fois de la General Motors et de Esso, c'était Ethyl Gazoline Corporation, or le General xxx, choisi par Gering pour remonter son aviation, avait d'excellents rapports avec ses confrères outre atlantiques, et a réussi à négocier des achats très importantes de plomb tétraéthyle dans les années 1936/37, et qui ont permis à Hitler de pouvoir compter sur son aviation puisque celles-ci auront le carburant nécessaire pour toute intervention militaire.


Les publicités Esso de l'époque, témoignent des bons rapports que la firme américaine entretient alors avec les allemands, les échanges secrets de technologies militaires, entre Esso et IG Farben se poursuivront jusqu'à décembre 1941.


Cette affaire a été le plus gros scandale de la seconde guerre mondiale mettant en cause les abus des compagnies, avec pour résultat que le président Truman, accusa formellement la compagnie Exxon de trahison, l'instruction de l'affaire et les investigations se sont poursuivis très longtemps.


Imaginer que nous avons livré des secrets militaires essentiels à l'ennemi est complètement aberrant, je pense que finalement, il a été parfaitement établi que ce n'était pas le cas, mais il était exact que il y avait enquête à l'époque.


Ce scandale obligea Teagle président de Exxon à démissionner en 1952, et Farish son directeur général mourut désespéré la même année.


Le premier septembre 1939, la seconde guerre mondiale éclate, une guerre totale qui sera menée surtout par d'énormes masses de chars, d'avions, de véhicules et de navires, l'importance stratégique du pétrole va s'affirmer décisive, c'est lui plus que la force numérique des armées, qui foncera la victoire.


Au début l'Allemagne dispose de tout le carburant nécessaire, elle a constitué d'énormes stocks, et la signature du pacte Germano Soviétique le 23 aout 1939, lui assure de fortes livraisons du pétrole russe, mais surtout le troisième Reich continue jusqu'à fin 1941 à recevoir des flots d'essence par Hambourg via les ports de la Suède, pays neutre.


C'était essentiellement du pétrole américain, des États-Unis arrivaient des cargaisons entières, mais aussi du Mexique et du Venezuela, grâce à des tours de passe passe effectués par les grandes compagnies.


Le 10 mai 1940 après avoir réglé le sort de la Pologne, les allemands se ruent soudain sur la Belgique et la Hollande, et les écrasent en quelques jours.


Largués sur la hollande, les parachutistes du Reich s'emparent des ponts sur la Meuse et le Rhine intacts.


Le 14 mai 1940 un groupe de bombardiers pilonnent sauvagement Rotterdam, qui est déjà le plus grand port pétrolier de l'Europe, une mer de feu noie la ville, il y aura 1000 morts, 77 000 sans abris, toutes les installations pétrolières et 27 000 immeubles sont détruits, la Hollande capitule.


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3/8 - L'histoire secrète du pétrole - Le temps des batailles pour l'or noir Empty 3/8 - L'histoire secrète du pétrole - Le temps des batailles pour l'or noir (4/4)

Message par Nabil Sam 27 Avr - 8:16


3/8 - L'histoire secrète du pétrole - Le temps des batailles pour l'or noir

Quatrième Quart ( 4 / 4)
Début : 45 min --- Fin : 60 min









La Belgique s'effondrera le 28 mai, mais des le 13 les panzers (véhicules de combat blindés), font sauter le verrou de Sedan, déferlent vers la Somme puis la mer, organisés en divisions autonomes, les blindés allemands écrasent les chars français repartis en petites unités assujettis à l'infanterie.


La Luftwaffe ( armée de l'air allemande ) écrase méthodiquement sous ses bombes toutes les installations pétrolières françaises au nord de la Loire, son premier objectif sera port Jérôme la plus grande raffinerie d'Europe pourtant filiale de la Standard Oil américaine.


Les autres centres pétroliers subiront le même désastre, les hostilités de 1940 ont faillit coûter la vie à la Compagnie Française de Pétrole parce que ses usines de raffinage surtout celle de Normandie ont été détruites , incendiée, parce que on a brulé en juin 1940 tous les produits pétroliers, un nuage sur Paris qui a duré plusieurs jours et qui venait de là, et enfin aussi parce que les allemands ne se sont pas gênés pour démonter certaines unités de distillation qu'on retrouvera en Allemagne dans les années 1945, mais d'autre part, autre atteinte grave à la Compagnie Française de Pétrole, ça était la rupture de ses approvisionnements à partir du Moyen Orient, et parce que la France a été occupée, la CFP se trouvait sous une loi britannique qui met sous séquestre les biens qui sont sous le contrôle de l'ennemi, et les anglais n'ont pas hésité à considérer que la Compagnie Française de Pétrole était sous contrôle de l'ennemi.


L'armistice à peine signée, le gouvernement britannique saisit les parts de la Compagnie Française de Pétrole dans l'Iraq Petroleum Company, et aussi celle de Gulbenkian refugié à l'extérieur, ainsi l'Iraq Petroleum passes en totalité aux mains des anglais, et il y restera jusqu'à 1948.


Pour la CFP, c'était très grave parce que justement elle s'est vu prise au piège du fameux système des coopératives de production, une coopérative de production veut dire que on fait appel à vous à chaque fois qui il y a un coup à faire.


En avril 1940, l'IPC avait pris la décision de doubler le fameux pipeline de l'Iraq, en conséquent la CFP doit faire un apport de fonds, mais elle n'avait pas d'argent, elle avait souscrit un emprunt à une banque hollandaise en avril, et il est viré par prudence ( cet emprunt ) dans des banques américaines, le Directeur général de la compagnie, a été envoyé par le gouvernement français aux États-Unis et il est allé voir un Directeur de la Mobil qui était un grand ami de la France, lui demandant, cet argent était à nous, on le met à votre disposition et à chaque fois qu'il y a un appel à fonds de l'IPC, pendant les hostilités, voulez vous souscrire pour notre part, c'est ce qu'a fait très loyalement le monsieur , le Directeur de Mobil.


À l'automne 1940, Hitler déclenche une série de raids terroristes contre l'Angleterre, restée seule face à l'Allemagne, les stocks du carburant du Reich lui interdisent une guerre longue, le renouvèlement sera de plus en plus aléatoire, Hitler doit au plus tôt venir à bout de l'Angleterre.


Ses bombardements préparent en fait l'invasion des îles britanniques pratiquement sans défense, c'est au pétrole que les anglais vont confier la protection de leurs plages les plus menacées, ils les hérissent de rampes d'arrosage capables de cracher des jets de carburant enflammé et de dresser un mur de feu sur la mer.


Le ravitaillement en pétrole est devenu de plus en plus difficile, il en arrivait fort peu d'Amérique, il venait surtout de la Roumanie, sur laquelle l'Italie possédait un certain contrôle, mais la Roumanie était l'objet des convoitises des allemands qui ont fini par accaparer son pétrole, une petite part a pourtant continué à nous arriver de l'Allemagne via Hambourg.


Dés juin 1940, l'Allemagne a imposé à la Roumanie un gouvernement pro nazi, le roi Carol cède le pouvoir au Maréchal Antonescu, en novembre, la Roumanie s'allie aux forces de l'Axe, et son pétrole bat sous le contrôle des allemands, qui mettent ses puits à ses services.


En février 1941 le Maréchal Rommel débarque en Libye pour secourir les armées italiennes mises en déroute par les anglais, en 2 mois l'Afrika Korps renverse la situation, reconquiert toute la Cyrénaïque, taillent en pièces les britanniques et atteint la frontière égyptienne, le manque de carburant va briser cet élan irrésistible, avions et sous marins anglais, interdisent la méditerranée aux pétroliers de l'Axe.


Le 22 juin 1941, après avoir écrasé la Grèce et la Yougoslavie, les armées du troisième Reich envahissent l'union soviétique sur un front de plus de 1000 km, en quelques semaines, elles bousculent les armées russes, conquièrent les pays Baltes, l'Ukraine, détruisent des centaines d'avions et de chars, capturent 200 000 prisonniers, mais elles se bloquent sur les verrous de Moscou et de Leningrad, ils ne passeront pas.


Hitler modifie alors sa stratégie, conçoit un plan démesuré : une double attaque en tenaille dont les mâchoires se refermeront sur tout le Moyen Orient, après quoi les Indes tomberont comme fruit mûr, en URSS, la Wehrmacht (armée allemande) déjà maitre de l'Ukraine, foncera sur la Crimée, atteindra le Caucase et raflera les fabuleux champs de pétrole de Baku.


Dans le même temps au Libye, Rommel qui déjà a repris la Cyrénaïque et pénètre en Égypte, marchera sur le Caire, où doit éclater un soulèvement nationaliste, et s'emparera de Port Saïd, clé du Canal de Suez et route des Indes.


Ralliant les nations arabes, que le grand mufti de Jérusalem appelle déjà à la guerre sainte contre les anglais, protecteur des juifs, Rommel remontera à travers la Syrie, vers l'Iraq en pleine révolte contre les anglais.


Au passage, la Wehrmacht occupera le fabuleux réservoir de pétrole de Mossoul.


Protégé sur leur arrière par la Turquie, neutre, mais favorable à l'Axe, l'Afrika Korps et les armées du front Est font leurs jonctions en Iran, là Reza shah et 3000 agents nazis les attendent prêts à s'emparer par surprise des gisements de l'Anglo Iranian , groupés les 2 armées marcheront enfin sur l'Inde.


Les japonais qui en décembre vont déferler sur le Pacifique et l'est asiatique prendront celle-ci à revers et feront leurs jonction avec la Wehrmacht.


La moitié du monde sera dominée par les forces de l'Axe, la perte de tout son pétrole d'Iraq, d'Iran, de Birmanie, mettra l'Angleterre à genoux, coupée de toutes ses voies de ravitaillement par le sud, privée de ses gisements de Baku, l'URSS s'écoulera elle aussi.


Ce plan grandiose sera à 2 doigts de réussir, au printemps 1942, Rommel n'est plus que à 100 km du Caire, sur le front de l'est, la Wehrmacht que rien ne semble plus pouvoir arrêter, est à 150 km de la caspienne, un double miracle va sauver le monde libre :

1- À El Alamein, Montgomery brise l'élan de l'Afrika Korps puis le refoule à court de carburant.

2- À Stalingrad, l'héroïque résistance de l'armée rouge cloue sur la Volga la rue allemande, encerclé, repoussé, la Wehrmacht recule, elle ne s'arrêtera plus.


C'est un génial maitre espion le docteur Fritz Grobba que Hitler a confié la préparation de son plan dans les pays arabes dés avant la guerre.


J'ai déjà rencontré le docteur Grobba au Moyen Orient, il était le chef des agents secrets nazis qu'il opérait, lui-même était un expert des questions pétrolières, il avait parfaitement réalisé que si l'Allemagne entrait en guerre contre les anglais, le plus sûr moyen de frapper ceux-ci au cœur est de les priver de leurs sources d'approvisionnement en pétrole au Moyen Orient, aussi dés avant la guerre, il sillonnait les pays orientaux, où il excitait le nationalisme arabe contre l'Angleterre, il s'était fait un ami fidele du mufti de Jérusalem qui était l'ennemi mortel des anglais et des français, il avait promis que les nazis chasseraient ceux-ci du Moyen Orient si lui-même se rangait du coté allemand.


Le grand mufti se rallie à Hitler, chassé de Palestine, il se refugie en Allemagne, où il crée une unité de SS musulmans recrutés dans les Balkans, il proclame la guerre sainte contre les anglais et les juifs, pendant ce temps Grobba soulève des émeutes anti anglaise au Koweït , et des dans mutineries (révoltes) dans les troupes indigènes de Jordanie.


Il s'avéra particulièrement redoutable en Iraq, où il persuada le leader nationaliste Rachid Ali (Al Gaylani), de s'allier avec les allemands, Rachid Ali leur promis des bases si tôt que ils entameraient leurs offensives vers l'orient.


Au printemps 1941, Rachid Ali est porté au pouvoir par des officiers iraquiens pro nazis appuyés par les forces de Vichy en Syrie, il force l'Iraq Petroleum à lui fournir 4,5 millions de litres d'essence pour avions, Rachid Ali les destine pour les forces allemandes dont Grobba lui a promis l'arrivée pour le 10 mai, Avec leur appui, il chassera les anglais, mais le soulèvement éclate prématurément à Bagdad, les techniciens anglais de l'Iraq Petroleum Company trouvent refuge à l'ambassade américaine qui est mise en état de siège.


Une brigade de l'armée des Indes, débarquent à Bassora, elle a mission de sauver les gisements pétroliers que les iraquiens ont occupé, pour stopper la marche des troupes anglaises sur Bagdad, Rachid Ali recourt à une ruse odieuse, il a dit à l'ambassadeur britannique : je ne veux pas que les femmes et les enfants anglais soient pris dans la bagarre, je ne veux pas de morts, je vous suggère de mettre femmes et enfants à l'abri, à habbaniyah où il se seront en sécurité, habbaniyah était un terrain de la Royal Air Force situé à environ 80 km de Bagdad, sitôt que les femmes et les enfants furent arrivés, l'armée iraquienne cerna le camps et Rachid annonça : à présent, ou bien vous acceptez mes conditions, ou bien je vais massacrer femmes et enfants, mais les assiégés se retranchent, refusent toute reddition et organisent la résistance avec l'appui de soldats circassiens chrétiens.


L'artillerie iraquienne commença à les bombarder, les obus commencent à tomber sur le camps d' habbaniyah, détruisant ses installations et tuant beaucoup de monde, les assiégés ne pouvait riposter, jusque ce qui ils trouvent quelques vieux canons indiens datant de l'époque coloniale, et qui ornait l'entrée du quartier général, par radio, ils demandèrent que on leur envoi des Indes, d'antiques boulets de canon, des pilotes se portèrent volontaires pour les amener, sitôt les boulets livrées, les assiégés ouvraient le feu avec leur vieux canons, les iraquiens pris de panique, levèrent le siège, Rachid Ali appelle Grobba au secours, le 14 mai 1941 au milieu de la liasse populaire, celui-ci atterrit à Bagdad à la tête d'une troupe allemande, ils arrivèrent via Beyrouth et Damas, où les troupes françaises du gouvernement de Vichy avait mis des bases à leurs disposition, ils se posèrent sur l'aérodrome de Bagdad, mais du fait de la résistance des assiégés de habbaniyah, la situation se dégradèrent rapidement, ils redécollèrent presque aussi tôt et regagnèrent l'Allemagne.


Fin mai 1941, la brigade anglaise qui avait débarqué à Bassora pour mater la révolte iraquienne marche sur Bagdad, l'occupe, délivre habbaniyah, les installations de l'Iraq Petroleum sont intacts, Rachid Ali comptait les nationaliser, la production y reprend aussitôt.


Quand au leader nationaliste, il s'est enfui en Iran.


Le 08 juin 1941, l'invasion puis l'occupation de la Syrie par les troupes anglaises appuyées d'éléments gaullistes, sanctionnera durement l'aide apportée aux avions allemands du docteur Grobba par les tenants du gouvernement de Vichy, ces événements pèseront terriblement lourd sur l'avenir de la Syrie en y favorisant l'éclosion d'un nationalisme qui forcera la France à quitter le Moyen Orient en 1946.
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